On vous voit à la boutique et dans notre sorties de groupe. Les mêmes questions reviennent fréquemment : «Quelle app tu utilises pour tes sorties ?», «Est-ce que Strava suffit ou il faut autre chose ?», «Vaut-il mieux un compteur GPS ou mon téléphone dans la poche ?» En ce début de saison, plutôt que de répondre au cas par cas, on a lancé un sondage dans notre communauté. On a aussi plongé dans les meilleures ressources disponibles sur le sujet. Voici ce qu’on en a appris.
Que vous soyez sur route, en gravel dans les chemins de rang ou sur les sentiers autour du Mont-Orford, ce guide vous aidera à choisir les bons outils et à mieux préparer vos sorties.
Ce que notre communauté nous a dit
Notre sondage de printemps portait sur cinq questions : les apps utilisées, la fonctionnalité prioritaire, le type de terrain pratiqué, l’usage de cartes papier et les lacunes perçues dans les outils actuels. Voici les grandes lignes et ce qu’elles révèlent vraiment.
Les applications les plus utilisées
Résultat sans appel : Strava domine à plus de 80 %. Mais au-delà du chiffre, ce score illustre quelque chose d’important : Strava n’est pas vraiment une app de navigation. C’est un réseau social sportif. On l’utilise pour enregistrer une sortie, se comparer, suivre ses amis, accumuler des kilomètres. Si tout le monde l’a, c’est parce que c’est devenu la norme sociale du cyclisme comme Instagram, mais pour les jambes.
La vraie surprise vient des deuxième et troisième positions :
- Garmin Connect ou Waho Elemnt— 52 % : ce score élevé s’explique simplement par la popularité des compteurs Garmin Edge dans notre communauté. L’app arrive automatiquement avec l’appareil elle sert à synchroniser les données, analyser les sorties et gérer les cartes. Plusieurs répondants précisent d’ailleurs naviguer directement depuis leur compteur, sans jamais ouvrir l’app sur téléphone. C’est un écosystème complet : montres, compteurs Edge, GPS de randonnée. Analyse de données très poussée, synchronisation avec pratiquement tous les outils tiers. L’app peut sembler lourde, mais la plateforme est imbattable pour les athlètes qui veulent tout centraliser.Wahoo (app + compteurs Elemnt) propose une interface de navigation épurée et minimaliste, directement liée à leurs compteurs. Très propre, très intuitif, mais dépendant de l’écosystème Wahoo. Si vous avez un Elemnt sur le guidon, l’app est un compagnon naturel.
- Ride with GPS — 38 % : voilà le chiffre vraiment révélateur. Ride with GPS n’est pas une app grand public, c’est un outil de planification sérieux, utilisé par des cyclistes qui construisent leurs propres itinéraires avant de partir. Le fait que 38 % de notre communauté l’utilise confirme qu’on n’est pas dans un groupe de débutants qui suivent un parcours tout fait. C’est l’outil de référence des organisateurs d’événements et des clubs cyclistes. Excellent pour créer, personnaliser et partager des routes détaillées. L’interface est moins moderne que Komoot, mais les outils de planification sont sans équivalent.
- Komoot — 9,5 % : présent mais marginal. Komoot est très fort en Europe (millions d’utilisateurs, highlights communautaires partout), mais son contenu généré par la communauté est quasi inexistant dans les Cantons-de-l’Est. L’outil perd beaucoup de sa valeur en dehors de l’Europe, car sa base de contenu communautaire est encore limitée. Excelle dans la planification de routes avec un routing intelligent selon la surface et le profil d’élévation. Belle intégration avec Garmin et Wahoo.
- Trailforks — 9,5 % : la référence du VTT. Cartes de singletrack ultra-détaillées et statut des sentiers en temps réel. Logique que quelques membres de notre communauté l’utilisent, vu le pourcentage de pratiquants VTT dans le groupe. Il faut savoir que Outside, le géant des médias et de la technologie, a fait l’acquisition de Trailforks ainsi que de sa société mère, Pinkbike en 2021. À la suite de ce rachat, l’équipe principale de Trailforks a maintenu ses activités et ses bureaux à Squamish, en Colombie-Britannique, afin de poursuivre le développement de ses plateformes mondiales de cartographie et de gestion de sentiers.
- AllTrails est le leader mondial de la découverte de sentiers. Base de données massive, reviews, photos, notes de difficulté. C’est l’outil par excellence pour trouver un trail avant de partir. Sa navigation reste basique et n’est pas conçue pour du routing complexe. Idéal pour : explorer un nouveau coin avant d’y aller.
- Gaia GPS est le couteau suisse du backcountry pour la randonnée, ski de rando, vélo, chasse. Sa vraie force : les cartes topo offline ultra-riches avec superposition de couches (USGS, satellite, enneigement). L’interface est moins soignée que la concurrence, mais la robustesse hors réseau est sans égal. Idéal pour : naviguer sérieusement dans des zones sans signal.
- OutdoorActive / Outmap sont des approches tout-en-un (rando + vélo + ski) avec de bonnes cartes topographiques. Pertinent pour les aventuriers multi-sports. À noter que Outmap a été développé expressément pour remplacer FATMAP, qui a fermé ses portes à l’automne 2024. Conçue par des passionnés de hors-piste canadiens, l’application reproduit et améliore l’expérience 3D pour la randonnée, le vélo et le ski de montagne.

Ce qui compte vraiment dans une app de navigation
Quand on demande de choisir une seule fonctionnalité prioritaire, la réponse bouscule l’idée reçue que les cyclistes sont avant tout obsédés par leurs données de performance. La planification de routes arrive première et ça change tout dans le choix d’un outil.
- Planification de routes sur mesure : la priorité numéro un. Pour le gravel en particulier, l’avant-sortie compte autant que la sortie elle-même. Savoir la surface d’un chemin, anticiper le dénivelé réel, éviter les culs-de-sac c’est ce qui distingue une belle journée d’une galère. Strava ne fait pas ça bien… Les données de contributeurs issues d’OpenStreetMap permettent d’identifier les différents types de surface des itinéraires. Les lignes en pointillés, les lignes orange et les lignes blanches indiquent respectivement les parties non bitumées, bitumées et non spécifiées… Disons juste que sur Ride with GPS, c’est beaucoup plus complet et à jour.
- Cartes disponibles hors ligne : en deuxième position, et c’est logique dans notre région. Les chemins de rang isolés autour d’Orford, les routes forestières vers Eastman et les secteurs éloignés du lac Memphrémagog n’ont pas tous un signal cellulaire fiable. Partir sans cartes téléchargées, c’est jouer à la roulette.
- Suivi de performance : troisième seulement. Strava est roi pour ça, mais la performance n’est pas la première préoccupation au moment de planifier une sortie. Elle arrive après avoir répondu à la question : « Où est-ce qu’on va, et sur quel terrain ? »
- Découverte de nouveaux sentiers : un besoin réel, mais secondaire. La plupart des cyclistes de la région connaissent déjà leur terrain. Le besoin de découverte s’exprime surtout quand on change de région et c’est là que les outils communautaires comme Komoot ou Wikiloc prendraient de la valeur.
- Communauté et partage : Strava comble parfaitement le besoin de communauté et de partage en transformant le sport en une expérience sociale collective. Grâce aux Clubs ( vous pouvez suivre le nôtre ici ) , l’application recrée un sentiment d’appartenance et une saine émulation locale via des classements internes et l’organisation de sorties réelles. En parallèle, les Challenges mondiaux unissent les utilisateurs autour d’objectifs communs, transformant l’effort individuel en un jeu interactif récompensé par des badges et une reconnaissance publique. Porté par un effet de réseau massif, où presque tous les sportifs multi-sports sont déjà présents. Strava dépasse le simple stockage de données GPS pour devenir le réseau social incontournable où l’on s’encourage, se compare et se connecte à travers l’effort.
- Intégration GPS / compteur : minoritaire mais cohérent avec le nombre de possesseurs de matériel Garmin et Wahoo dans notre groupe.
La carte papier est encore d’actualité!
Plus des trois quarts des répondant(e)s n’utilisent plus jamais de carte papier. Mais certains(es) y reviennent encore à l’occasion et leurs raisons sont plus pragmatiques que nostalgiques :
- Sécurité / plan de secours : quelque chose qui fonctionne sans réseau, sans batterie, sans mise à jour. La carte de la Route Verte ( un itinéraire cyclable de plus de 5 300 kilomètres au Québec ) glissée dans la sacoche, ça rassure.
- Découvrir des points d’intérêt locaux : vignobles, cidreries, fromageries, boulangeries, tables champêtres. Les apps ne savent pas encore mettre en valeur ce tissu local le long d’un parcours. La carte touristique ( et version web ) de tourisme Cantons-de-l’Est a encore ce rôle.
- Fiabilité sans réseau : le papier ne dépend de rien. Ni signal, ni batterie, ni serveur distant.
- Vue d’ensemble du territoire : voir la région entière d’un coup d’œil, quelque chose qu’aucune app ne reproduit vraiment bien.
Le fil conducteur est clair : la fragmentation est le problème numéro un. Strava pour le social, Garmin pour les données, Ride with GPS pour les routes, Trailforks pour le VTT… personne ne veut jongler entre quatre outils pour planifier une sortie du mardi soir. L’outil idéal n’existe pas encore. En attendant, voici comment naviguer dans ce paysage.
Le paysage des applications — qui fait quoi
Ces apps se chevauchent mais ont des ADN très différents.
Voici une vue d’ensemble des principales applications selon cinq critères : découverte, navigation, performance, social et offline. Les scores sont sur 5.

Compteur GPS ou téléphone — faut-il vraiment choisir ?
52 % des répondants à notre sondage ont un compteur GPS. Mais est-ce vraiment nécessaire ? L’équipe de Bikepacking.com s’est posé la même question et leur analyse rejoint ce qu’on voit à la boutique tous les jours.
Les avantages du compteur GPS dédié
- Navigation mains-libres : un coup d’œil sur le guidon suffit. Le compteur affiche la prochaine bifurcation, les waypoints et le profil d’élévation en continu sans toucher à votre téléphone.
- Autonomie supérieure : la plupart des compteurs tiennent deux jours sur une charge. Les modèles solaires comme le Garmin Edge 1040 Solar peuvent aller jusqu’à cinq jours. Naviguer sur téléphone vide la batterie en quelques heures.
- Robustesse tout-terrain : les compteurs GPS sont 100 % étanches, conçus pour la boue, les chocs et les vibrations prolongées. Fixer son téléphone sur le guidon sous la pluie ou sur un chemin de rang en gravel, c’est une prise de risque réelle.
- Lisibilité en toutes conditions : les écrans sont optimisés pour le plein soleil et l’obscurité. Les téléphones peinent souvent à afficher quoi que ce soit sous un soleil d’été intense.
- Résistance aux températures extrêmes : un téléphone peut s’éteindre par grand froid ou se mettre en veille forcée par surchauffe. Important si vous roulez tôt le matin en avril dans les Cantons-de-l’Est.
Les compteurs recommandés
- Garmin Edge 1040 Solar : meilleure autonomie du marché — idéal pour les grandes sorties
- Wahoo Elemnt Bolt : interface épurée et intuitive, apprécié pour sa simplicité
- Garmin Edge 830 : excellent rapport qualité/prix, référence pour les cyclistes intermédiaires
La recommandation
Utilisez un compteur GPS comme outil de navigation principal et gardez votre téléphone comme backup pour les photos, la météo, les communications et les urgences. Les deux se complètent, ils ne se remplacent pas.
Conseil pratique : quelle que soit l’app choisie — Strava, Ride with GPS ou Komoot — la version sur ordinateur est nettement plus complète et intuitive que l’application mobile. Prenez le temps de planifier votre parcours sur ordinateur, puis poussez les données vers votre appareil GPS ou téléphone pour naviguer hors ligne le jour de la sortie.

Nos 4 plus beaux parcours des dernières sorties Bières & Bécanes
On ne pouvait pas parler de navigation sans partager nos routes. Voici les quatre boucles qu’on a roulées lors de nos dernières soirées Bières & Bécanes. Toutes partent de notre boutique au 395 rue Principale Ouest, Magog, et se terminent à la terrasse de la Microbrasserie La Memphré — avec une bière froide bien méritée avec la gang au Shack!
Pour encore plus de parcours dans les Cantons-de-l’Est : Tourisme Vélo Cantons-de-l’Est sur Ride with GPS
Parcours 1
46 km avec 644 m de dénivelé cumulé, assez pour sentir les jambes le lendemain, pas assez pour en garder de la rancune.
- Distance : 46 km
- Dénivelé : 644 m
- Niveau : intermédiaire +
- Surface : route + gravel
- Parcours Strava : Voir sur Strava
Parcours 2
41 km avec 482 m de dénivelé. Ce parcours inclut un passage sur La Montagnarde (Route verte) à travers le parc national du Mont-Orford.
- Distance : 41 km
- Dénivelé : 482 m
- Niveau : intermédiaire
- Surface : route + gravel
- Parcours Strava : Voir sur Strava
Parcours 3
La version courte de 33 km bien dosés, idéals pour les soirées où le temps presse ou les jambes réclament de la douceur.
- Distance : 33 km
- Dénivelé : 410 m
- Niveau : accessible
- Surface : route + gravel
- Parcours Strava : Voir sur Strava
Parcours 4
Là où tout a commencé — le parcours inaugural de nos soirées. 35 km, le plus accessible du lot et une boucle bucolique.
- Distance : 34,85 km
- Dénivelé : 495 m
- Niveau : intermédiaire
- Surface : route + gravel
- Parcours Strava : Voir sur Strava
Note importante!
Les cyclistes qui circulent UNIQUEMENT sur La Montagnarde (Route verte) n’ont pas à payer l’autorisation d’accès au Parc national du Mont-Orford. Cette gratuité est prévue au Règlement sur les parcs, qui découle de la Loi sur les parcs.
Cette gratuité s’applique également au nouveau tracé via Orford Musique. Ce tronçon étant encore en phase de finalisation par la Municipalité d’Orford, merci de circuler avec prudence.
⚠️ Vous devez impérativement demeurer sur le sentier balisé. Tout écart vous assujettit aux frais d’accès réguliers.
Restez à l’affût pour les prochaines sorties sociales
On annonce les prochaines sorties par courriel et sur nos médias sociaux!

